Autour du lac de Constance

Après un long hiver de travail au bord du Lac de Constance, à Überlingen, le printemps est enfin là, me permettant enfin de reprendre les sorties cyclistes. Le coin est vraiment superbe, et très bien préparé pour la randonnée cycliste. Profitant d’avoir cumulé quelques heures supplémentaires, je pars en solitaire le vendredi 6 mai dans l’après-midi.

Le temps est enfin au beau, et le trajet est simple : suivre la voie cyclable, très bien balisée, qui fait le tour du lac, sur un peu plus de 260 km.


Côté matériel, les matinées sont fraîches, je prends donc le matelas auto-gonflant grande taille. C’est aussi l’occasion de tester ce que je peux mettre dans mes nouvelles sacoches spéciales vélo-couché : 2x20L, toutes en longueur, déperlantes. Je peux y mettre presque tout ce qu’il faut pour une randonnée en autonomie : duvet, matelas, tente deux places, de quoi me changer, me laver, me nourrir (mais sans réchaud), et réparer le vélo ; reste maintenant à tester la facilité d’utilisation.

Le vélo est prêt pour trois jours en autonomie

Premier jour, l’objectif est de dépasser Lindau, soit quelque chose comme 70km dans l’après-midi. Je connais déjà presque l’intégralité du parcours. Je profite quand même de la traversée de Friedrichshafen, me dit qu’il me faudrait vraiment visiter l’espèce d’immense église qui est au bord de l’eau.

Église de Birnau
Vue sur le lac, depuis l'église de Birnau
Église de Friedrichshafen
mât représentant les métiers du village ?

J’arrive sans problème à Lindau avant le coucher de soleil, et y admire les bâtiments et le port.

Ancien hôtel de ville de Lindau
Mais qui-donc essaie de s'échapper ?

Et c’est l’heure de la première crevaison. Celle-ci vient d’une rustine en train de lâcher… Raah, comme l’an dernier sur le Causse Méjean ! Vraiment, il ne faut pas partir avec des chambres à air déjà réparées : sous la contrainte, la réparation ne tient qu’un temps, et ça fuira quand on aura le moins envie de réparer, c’est à dire chargé, en allant chercher un camping, et quand on a oublié d’avoir des chambres à air de secours…

Je répare tant bien que mal, et continue la visite de l’île, qui vaut vraiment le détour. Je trouve un camping à la sortie de la ville, seulement quelques kilomètres avant la frontière autrichienne. Il n’est pas terrible : s’il est au bord du lac, c’est aux caravanes que revient le droit d’être en première ligne. Puis les camping-cars (très nombreux). Puis les bâtiments du camping… puis les tentes, le long de la voie ferrée ! Un autre cyclo-touriste arrive peu après moi, très bien équipé (mais peut-être un peu lourd), je n’ai pas l’occasion d’engager la discussion.

Coucher de soleil, sur la petite mer de Lindau
tours gardant l'entrée du port de Lindau

Le lendemain, je retourne vers Lindau pour y acheter des chambres à air de rechange, et lubrifier un peu le dérailleur arrière qui fait des siennes, devenant dur et manquant de précision (je comprendrais plus tard que c’est la gaine qui commençait à rendre l’âme).

Après ce détour, voilà le sommet du parcours : le Pfänder, à un petit millier de mètres soit 600 de plus que le lac, et avec une forte montée. Fichtre, avec tout mon barda, c’est l’agonie dans les 8 à 10% de la route, je dois plusieurs fois faire une pause, je sens vraiment le manque d’entrainement.

En haut du Pfänder, vue sur Lindau

Tant bien que mal, j’atteins le sommet. C’est là que je me rends compte que la montée par le téléphérique emprunte le parcours le plus joli ! Bah, j’ai aussi une bonne vue sur les Alpes, le lac et Lindau, mais à travers les arbres, impossible d’en tirer un cliché satisfaisant. Je redescends en prenant le temps d’admirer le paysage.

Voici rapidement Bregenz, grande ville autrichienne, connue notamment pour son théâtre, et effectivement les décors sont assez impressionnants. Le bord du lac est bien aménagé, ainsi que les marais entourant le delta du Rhin : des pistes cyclables agréables, plutôt bien signalées, et pas mal de gens en balade. Je déjeune dans un petit restaurant de petit yacht-club.

Panneau montrant le parcours cyclable autour du lac

La route continue, plus proche du lac que du côté allemand, donnant une meilleure vue. Le coin est cependant moins vallonné, un peu moins intéressant. Je propose un peu d’aide à deux cyclistes en balade, mais rien que je ne peux réparer : la chambre à air est fendue au niveau de la valve, et je n’ai que des chambres à air à grosse valve, qui ne passeraient pas dans la jante.
Ils habitent Saint-Gallen, et me donnent des détails sur la route, qui est assez raide. J’hésitais à y aller car la bibilothèque est donnée pour être une merveille, mais après la grimpette de la montagne du matin, je choisis de poursuivre vers Constance. C’est un bon choix, car j’avais fait une erreur dans le calcul de distance, et je dois donc abbatre pas mal de kilomètres si je veux arriver avant la nuit le lendemain.

Établissement sur pilotis, à Romanshorn ?
Église suisse

À Constance, je pénètre tout de même un peu dans la ville, que j’avais déjà visité plusieurs fois mais que je trouve vraiment jolie, et repars côté Suisse.

Petite fontaine, à Constance
Sur la même fontaine, que de jambes pour ce cheval !

Note spéciale pour l’auberge de jeunesse de Kreuzlingen, ville-frontière Suisse de Constance : c’est une grande bâtisse au bord du lac, leur site internet ne mentait donc pas !

Auberge de jeunesse de Kreuzlingen

J’avais déjà emprunté la partie de la voie cyclable entre Stein am Rhein et Constance par le sud, et décide de suivre la départementale : j’évite ainsi pas mal de chemins peu roulants, de pertes de priorités incessantes, et des petits raidillons casse-pates, ce qui me permet de limiter la fatigue. Oui, car la journée commence à être longue, et il n’y a que peu de campings dans le secteur.

C’est pourquoi, quand je tombe sur une pancarte « camping à la ferme », je décide de tenter le coup. La route pour y aller est bien raide, mais je suis plutôt bien accueilli. Alors, c’est du vrai camping à la ferme : on me fait planter ma tente assez loin, derrière une petite serre, peu loin des champs. Et comme il n’y a pas de douche (?) la toilette sera faite à l’immense lavabo qui est dans l’entrée de la maison de ferme… très basique, mais c’est suffisant pour se sentir propre, par contre le tarif apparait un peu élevé. En plus, ma tente est en pente, au-dessus de la route et de la voie ferrée, qui sont un peu passantes. Mais je n’ai pas de problème à m’endormir, après les 135km de la journée !

Le lendemain, le petit-déjeuner au bord du bois, avec vue sur le lac, compense ces petits désagréments. Mais ça laisse à réfléchir sur l’intérêt du bivouac.

Vue sur la ferme, depuis le petit-déjeuner
Vue sur l'autre côté

Au programme du dimanche, une centaine de kilomètres, pour revenir à Überlingen. Je passe par le premier pont qui se présente, à Stein am Rhein, petite ville suisse qui vaut vraiment le détour par ses fresques murales, et la vue sur le Rhin qui redevient fleuve.

Fin des terres de la confédération helvétique
À flanc de colline, un château médiéval
fontaine dans un petit village

Je repasse rapidement la frontière avec l’Allemagne, et apprécie la vue sur la presqu’île qui fait face : Reichenau, que je n’aurai pas le temps de visiter (là aussi, il parait que ça vaut le coup). Après avoir traversé des endroits vraiment beaux mais infestés de moustiques, je passe par Radolfzell, autre ville que je trouve vraiment sympathique. Je m’arrête prendre quels photos au bord du lac, et continue un peu vers Constance, l’objectif étant de prendre une petite route partant vers le nord, pour visiter quelques petits étangs.

Vue sur Radolfzell
Sculptures instables au bord du lac

Mais vu qu’à ce moment-là, il commence à y avoir beaucoup de monde, et qu’en plus je me fais doubler par un Mango et un vélo couché, je zappe le demi-tour, et doit faire demi-tour plus loin après une tentative ratée pour corriger le tir.
Le relief commence à devenir marqué, et comme je ne fais pas assez attention à la carte, je me trompe encore deux fois de direction, passant par des coins vraiment sympathiques mais qui ajoutent au dénivelé. Pendant ce temps-là, des cicognes montent tranquillement dans les thermiques du secteur.

La fin du trajet se fait sur des terres plus pratiquées, j’essaie donc de varier le parcours en montant un peu sur la colline avant Überlingen, la carte annonçant un point de vue. Las, cette fois-ci, même en faisant attention à la carte je me trompe une fois de plus, et perds toute l’altitude gagnée sans gagner une once de panorama. Je finis donc le parcours un peu frustré, mais déjà bien fatigué.

***

Bilan : 295 km en deux jours et demi, temps magnifique tout du long, des coins très sympathiques qui mériteraient plus de temps pour les visites, et des pistes cyclables souvent proches du sans-faute. La conservation des bâtiments anciens est impressionnante, certains villages devant dater de plusieurs siècles et étant toujours en superbe état.

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