Voyage d’une semaine en Corse

Pour l’été de cette année 2011, je décide de passer une semaine de cyclo-camping en Corse, avant de rejoindre mon amie pour une autre semaine motorisée. M’étant assez mal pris dans le « recrutement » et étant bloqué sur la date du séjour, je pars seul de Bastia le samedi 23 juillet.

Objectif : rejoindre Porto Vecchio sept jours après, en passant le plus possible par le centre de l’île ; soit un peu moins de 500km à faire, en vélo couché, dans du relief montagneux, de camping en camping avec tout le barda sur le vélo.

Comme l’an passé , je pars avec mon vélo couché de randonnée, le Condor de chez Optima. Par contre, le matériel évolue, avec une tente deux places avec grande abside, qui rentre dans les sacoches sans se poser de question, et un réchaud pour se faire de la bouffe chaude au camping : autant dire que c’est royal !

Premier jour

La météo n’est pas très accueillante : le vent d’ouest souffle fort, et se sent même côté est de l’île. La montée vers le passage du cap, face au vent, est une horreur ; en plus la route est dans un état lamentable. Un fois sur la côte ouest, le vent  gêne encore beaucoup. Par contre, le décor est sublime, l’écume est omniprésente sur la mer qui est d’un bleu sombre, marquant le relief escarpé.

Côte est du Cap Corse
Côte ouest du Cap Corse, Nonza est en vue

L’arrivée à Nonza (BPF) est un soulagement, mais je ne m’attarde pas, car je sais que les campings de Saint-Florent sont encore loin et sont tous annoncés comme débordés. Finalement, cinq kilomètres avant Saint-Florent, un camping se présente à moi, moyennement rempli, accueillant, en bord de mer, tout en ayant des places de camping sans un pet de vent, bref le bonheur. Il y a même des vagues dignes de ce nom ; mais le body-surf sur une plage de cailloux sans qu’il y ait de fond, c’est pas terrible !

Deuxième jour

Le vent est toujours présent. Du coup, à Saint-Florent, c’est tempête de sable. Et comme je comptais me rendre dans le désert des Agriates pour y passer la nuit, comment dire ? j’ai changé mes plans, et décide d’aller m’abriter du vent en allant directement dans la montagne. Je passe donc voir l’église de San-Michele de Murato, hélas en rénovation et donc fermée au public en plus d’être cachée au regard.

Église de San-Michele de Murato, en rénovation

Le point de vue est superbe, et la descente vers la côte, en empruntant le défilé par son versant nord, confirme que l’endroit vaut le détour. Après un petit bout de nationale, que je quitte au plus vite une fois le Golo passé, je m’engage dans les « collines » de la Castagniccia. Ça monte sévère, mais les panoramas et villages font oublier la souffrance. Je dors dans un petit camping à la ferme. Ce dernier mérite vraiment de s’y arrêter : bien tenu, le propriétaire m’a accueilli avec des sirops et de l’eau fraîche, et puisqu’il n’avait plus de place, m’a placé dans son verger.

Troisième jour

Montée vers Piedicroce (BPF), visite de sa superbe église, et achat de biscuits qui constitueront mes prochains desserts. Un peu après la ville, le couvent Saint-François, apparemment encore miné, mérite également une pause.

À Piedicroce, plafond de l'église (vers le chœur)
À Piedicroce, plafond de l'église (vers l'orgue)
Le couvent Saint-François, détruit et toujours miné

Et c’est bientôt la sortie de la Castagniccia par le col de Prato, et la vue s’ouvre sur le nord de la vallée de Corte, le paysage change, passe du verdoyant au brûlé ; le vent reprend. C’est aussi l’apparition des élevages en enclos qui marque le paysage, alors que plus à l’est les vaches évoluent à leur gré.

Je continue la route plein est vers le Col de Verghio, pour m’arrêter passer la nuit non loin du lac de Calacuccia. Le défilé est monté lentement, ce qui me laisse le temps de l’admirer. Beaucoup de passage routier par contre, sur cette route qui est une des rares à relier l’ouest à l’est de l’île. Les montagnes entourant le lac de barrage sont toutes différentes, dentelées, rondes, esseulées ou en groupe.

Au camping de Calacuccia
Un peu au-dessus, un vallon dans l'axe du Monte Cinto ?

Quatrième jour

Je sens vraiment la fatigue des montées des jours précédents. Vu que j’ai supprimé une partie du parcours au deuxième jour, j’ai de la marge, et fait donc une petite journée pour rejoindre un camping à Corte (BPF). La descente de la Scala di Santa Regina est incroyable, plus belle qu’à la montée car la lumière est maintenant plus favorable. Rien que pour ça, la montée vaut le coup.

J’arrive à Corte aux environs de midi après le passage par Castirla et du « Bocca d’Ominanda », et profite de l’après-midi pour faire le tour de la ville. Le camping est au bord de la rivière, mais pas assez d’eau pour s’y baigner, dommage. C’est par contre l’endroit rêvé pour manger du fromage aux asticots !

Moins drôle, le ciel devient menaçant, permettant de jolis clichés, mais qui annonce du mauvais temps pour les jours à venir.

Castirla, village de montagne
Corte, vu depuis l'entrée du camping

Cinquième jour

Le réveil sonne avant l’aube car j’ai décidé de rejoindre mon amie à Ghisonaccia. Premier problème, je ne sais toujours pas si le Col de Sorba est ouvert à la circulation, car il y a des travaux, tant pis je tente quand même. Second problème, il fait un temps dégueulasse : 10°C, pluie soutenue. J’ai bien fait de me lever tôt, car j’ai pu plier la tente encore sèche.

Ma route me fait passer par des bouts de nationale au milieu des camions qui peinent, des montées à plus de 10%, des passages dans le brouillard. La route est effectivement ouverte à la circulation, mais elle est dans un état précaire : moins de la moitié de la route est revêtue, le reste n’est que boue et gros gravier, le tout dans une route avec lacets et dans le nuage. Autant dire que le panorama est rempli de blanc, et que le moral est en berne.

Montée, dans le nuage, vers le Col de Sorba
Au bord de la nationale au sud de Corte, en route vers le Col de Sorba

Le Col de Sorba est lui aussi dans le nuage. Je tente de déjeuner mais il fait vraiment trop humide et trop froid, je commence à en souffrir. Petite consolation, les travaux sont finis sur une partie de la descente, qui est donc d’enrobé parfaitement lisse et parfaitement vide de trafic ; c’est l’occasion, pour les Marathon Supreme, de montrer leur magnifique accroche sur route mouillée.

Pause à Ghisoni, je m’arrête dans une pizzeria car j’ai vraiment trop froid. J’y croise un cyclo-campeur, qui est là depuis deux heures et qui attend un pote. Lui aussi est désagréablement surpris par le mauvais temps, car il n’a rien pour le protéger de la pluie, et un seul pull chaud.

Plus je me rapproche de la plaine orientale, plus l’air se réchauffe, mieux je me porte. Une looooonngue ligne droite, en faux-plate descendant, m’amène au village sur-peuplé de touristes de Ghisonaccia. Je traverse sans m’arrêter, et fait halte dans un camp de vacance pour la nuit ; je ne regrette pas d’y avoir dévolu l’avance que j’avais sur mon planning, car j’y trouve un lit chaud et une machine à laver pour mes affaires froides et détrempées.

Sixième jour

Il est temps de rejoindre le Col de Bavella (BPF). Là encore, le temps est un peu couvert sur la plaine orientale, et clairement plus chargé sur les montagnes. Je dois passer par Solenzara, donc encore prendre un bout de nationale. Un type me prend en photo, enfin plutôt essaie, nous discutons un peu ; il me les enverra par email six mois après.

La montée commence, quelque chose comme 1400m de dénivelé à passer en une petite trentaine de kilomètre. Dit comme ça ça va ; mais c’est que la première moitié monte à peine, et que la seconde doit tourner autour des 9% de moyenne. En plus, il pleut, et je ne vois rien des crêtes alentour ; une fois encore, j’arrive au col en pleine agonie et le moral au plus bas, et prend le temps de me reposer dans un café.

Attendre était une bonne idée, car le col marque la délimitation entre des versants est-ouest, et le ciel se dégage petit à petit. Deux heures après, il ne reste que quelques brumes accrochées aux sommets, et je profite enfin pleinement du panorama.

Les aiguilles du Col de Bavella, alors que le vent chasse la brume
Descente du Col de Bavella vers l'Ospédale

Le temps est maintenant superbe, sec et nettement plus chaud. Je passe la nuit au camping « la rivière », me baigne dans le cours d’eau juste derrière. Elle est très froide, mais quel délice ! On y repassera.

Septième jour

Il est temps de préparer le rendez-vous avec mon amie à Porto-Vecchio. Afin d’assurer le camping à Rondinara, j’y vais un jour en avance, là aussi en partant assez tôt de Zonza. La première partie du trajet constitue un superbe souvenir, car la route est en bon état, globalement en descente (enfin !), le Col d’Illirata est très beau, et la descente vers Porto Vecchio est un vrai bonheur. Je profite de mon poids important pour taquiner un flingueur ; c’est le trafic routier qui m’a obligé à freiner et lui a permis d’arriver un peu avant moi au bas de la descente.

La seconde partie, de Porto Vecchio au camping, est beaucoup moins amusante : nationale, puis route défoncée jusqu’au camping. En plus, le camping est blindé et sans emplacement, ce qui signifie que les gérants du camping savent faire payer, mais laissent le soin au campeur de trouver l’emplacement, ce qui m’a pris plus d’une heure… belle entourloupe, alors même que les tarifs sont exorbitants. Ça me claque complètement, et je n’ai plus la force de faire les petits 20 km qui me séparent d’un cinquième tampon à Bonifacio ; ce sera pour un autre voyage !

Huitième jour

Je retourne à Porto-Vecchio par la nationale, en laissant la tente et le plus lourd au camping. J’avais contacté la gare maritime avant le départ, et ils acceptent de garder mon vélo à l’abri des intempéries et des regards ; je le retrouverai la semaine suivante, il n’a pas bougé du placard.

Devant la capitainerie de Porto Vecchio

La semaine suivante a été passée en voiture, entre Porto-Vecchio et Propriano.

À Bonifacio, les goélands surveillent
En plongée, là aussi surveillée
Dans la forêt de l'Ospédale, au-dessus de la cascade de la « pisse du coq »
Sur le bateau du retour

Bilan

  • Itinéraire : super, super, super, à part la plaine orientale qui n’a pas d’intérêt (mais le défilé à la descente est sympa). Petit regret de ne pas avoir pu passer dans le désert des Agriates, même si cela a été indispensable pour assurer le planning.
  • Saison : l’été, c’est pas terrible, les tarifs sont élevés (et en plus il a même pas fait beau), campings souvent presque pleins (pas très gênant quand seulement avec une tente, mais quand même), du monde sur la route, des terres sèches, les rivières itou.
  • Trafic routier : à part deux autrichiens, pas de soucis ; les Corses doublent n’importe-où mais pas n’importe-comment.
  • Routes : à part le cap Corse et le col de Sorba, plutôt en bon état.
  • Campings : super suprise dans la Castagniccia, sinon plutôt secs et donc poussiéreux.
  • Vélo : suspensions pas indispensables, alors que le poids se paie plein tarif dans les cols. Voir à changer de matos.
  • Matos : rien à signaler, tout a bien fonctionné, à part une chaine un peu vielliote qui s’est ouverte à la montée du Col de Bavella. Par contre faut vraiment éviter de partir en solo avec une tente deux places, c’est lourd et pour le même poids, on peut emporter plus utile / plus décontractant (hamac, livres…).
  • Gares maritimes : à Marseille, aller en passant par l’accès piéton au bateau, pas de soucis. Retour en descendant avec les voitures, là c’est vraiment moins bien (j’ai mis trente minutes à sortir du port autonome de Marseille). La gare de Porto-Vecchio ne pose aucun soucis. Vélo stocké dans des zones techniques du bateau, penser à l’arrimer car le personnel de bord n’y pensera pas !
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Une réflexion sur “Voyage d’une semaine en Corse

  1. gouyon .gisele dit :

    Bonjour.
    Je suis tombee sur votre blog ..je trouve tres courageux votre voyage en velo..j ai trouver tres interressant vos commentaires ..j habite a Ghisonaccia et c est vrai que ca n est pas le plus bel endroit ..ma famille etant de Ghisoni je n ai pas trouver plus pres ..en tout ca bravo .vos photos sont tres belles ..

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